
Rendu célèbre par ses rôles iconiques dans les films The Rocky Horror Picture Show, Maman, J’ai Encore Raté l’Avion ou son interprétation de Grippe-Sou, le monstre de Derry dans le téléfilm Ça (It en anglais), Tim Curry est décédé ce 25 août à l’âge de 80 ans. Retour sur le parcours d’un acteur de légende.
Il a marqué l’histoire du cinéma en interprétant des rôles sulfureux, comme celui du Dr Frank-N-Furter dans The Rocky Horror Picture Show, ou en effrayant des générations d’enfants dans la peau de Grippe-Sou, le monstre maléfique de Derry dans l’adaptation télévisée du roman Ça de Stephen King. L’acteur et chanteur britannico-américain Tim Curry est décédé dans la soirée du 25 août 2026, à son domicile de Los Angeles, selon les informations rapportées par plusieurs médias américains, dont TMZ. Les secours se sont rendus sur place et ont constaté le décès. Il avait 80 ans.
Une enfance nomade avant la scène
Né le 19 avril 1946 à Grappenhall, dans le Cheshire, en Angleterre, Timothy James Curry était le fils d’un aumônier de la Royal Navy et d’une secrétaire d’école. Il avait été élevé par une famille pratiquante et avait déménagé plusieurs fois au cours de son enfance, jusqu’à Hong Kong où son père avait été victime d’un accident vasculaire cérébral, avant de retourner au Royaume-Uni. Sa sœur aînée, Judith, également artiste, était devenue pianiste concertiste. Elle est malheureusement décédée au début des années 2000, après avoir développé une tumeur cérébrale au début des années 2000. La mère du comédien avait également succombé à un cancer en 1999.
Frank-N-Furter, un rôle qui a marqué l’histoire du cinéma
Tim Curry avait fait ses premiers pas sur scène au théâtre, à la fin des années 1960. Il a interprété son premier grand rôle marquant (créé sur scène) dans la comédie musicale The Rocky Horror Show, en 1973. En 1975, la comédie musicale a été adaptée au cinéma. Tim Curry n’a pas hésité à donner de la voix et à porter des bas résilles afin de donner vie au Dr Frank N Furter, personnage sulfureux du film The Rocky Horror Picture Show, réalisé par Jim Sharman. Long-métrage dans lequel il a donné la réplique à Susan Sarandon et Barry Botswick. Un rôle pour lequel il n’a pas hésité à prendre des risques, puisque le docteur Frank-N-Furter n’est autre qu’un savant travesti extraterrestre haut-en-couleur qui n’hésite pas à se mettre en scène en chansons (comédie musicale oblige). L’introduction du personnage est d’ailleurs devenue légendaire.
Le film, d’abord accueilli tièdement, est devenu un « midnight movie » adulé par des générations de spectateurs. Le Rocky Horrow Picture Show est devenu indissociable du nom de l’acteur jusqu’à la fin de sa carrière. Tim Curry avait d’ailleurs repris le rôle du Criminologue, un personnage emblématique de la comédie musicale, dans le remake télévisé du film en 2016.
Une carrière construite sur des prises de risques
La filmographie du célèbre comédien démontre à quel point il n’avait pas peur de prendre des risques. Il a en effet interprété des rôles d’une grande diversité. Il a incarné Mozart dans la création originale de Amadeus à Broadway en 1980. Ce rôle lui a valu sa première nomination aux Tony Awards, puis le Roi des Pirates dans The Pirates of Penzance de Gilbert et Sullivan en 1982. Le célèbre comédien a enchaîné les rôles de méchants mémorables et exubérants : Rooster Hannigan dans Annie (1982), le Seigneur des Ténèbres dans Leg end de Ridley Scott (1985) face à Tom Cruise, ou encore le majordome Wadsworth dans la comédie policière culte Clue (1985), adaptation de Cluedo, titre français du film.
En 1990, il a terrifié toute une génération en donnant vie au clown Grippe-Sou (Pennywise en anglais) dans l’adaptation en mini-série télévisée du roman Ça de Stephen King. Il a marqué les esprits des téléspectateurs. Tim Curry était également doué pour interpréter des rôles comiques, comme celui du concierge d’hôtel suspicieux dans Maman, j’ai encore raté l’avion ! (1992) ou bien dans la peau de Long John Silver dans L’Île au trésor des Muppets. Curry a en outre prêté sa voix à de nombreux personnages d’animation et de jeux vidéo, notamment dans La Belle et la Bête 2 : Le Noël enchanté (1997), Scooby-Doo et le Fantôme de la sorcière (1999), ou Les Razmokets à Paris, le film (2000), entre autres, révélant un autre pan de son talent.
Une fin de carrière marquée par la maladie
Un accident vasculaire cérébral avait bouleversé la vie de Tim Curry en 2012. Après une opération du cerveau, l’acteur avait perdu l’usage de ses jambes et devait se déplacer en fauteuil roulant. Il continuait néanmoins d’apparaître publiquement dans les années suivantes, notamment lors de projections spéciales de The Rocky Horror Picture Show.
En 2025, l’artiste avait publié le livre autobiographique Vagabond, retraçant cinq décennies d’une carrière hors norme saluée par la critique. La même année, il était invité en tant que conférencier à l’Academy Museum of Motion Pictures pour célébrer son œuvre.
Une pluie d’hommages rendus
La nouvelle de la mort de Tim Curry a suscité une vague d’hommages dans le monde du cinéma et du théâtre, saluant un artiste au timbre de voix inimitable et à la présence scénique unique, capable de passer du grotesque à l’inquiétant avec la même aisance. Tim Curry laisse derrière lui une filmographie riche de plus d’une centaine de films et séries, et restera pour toujours associé à quelques-uns des personnages les plus iconiques du cinéma populaire des cinquante dernières années.






