
La série The Testaments a débarqué sur Disney + le 8 avril 2026, un an après la fin de The Handmaid’s Tale. Ce spin-off de la série diffusée de 2017 à 2025 signe un retour à Gilead et l’introduction d’une nouvelle génération de femmes. Critique et review des trois premiers épisodes. SPOILERS.
Il ne fait pas bon être une femme à Gilead. Les péripéties de June Osborn (interprétée par Elisabeth Moss), femme ordinaire arrachée à sa vie professionnelle et familiale après l’avènement de cette société totalitaire dirigée par des fanatiques religieux, l’ont démontré. En effet, les femmes qui vivent sous le joug de ce groupuscule sont privées de leurs droits et « classées » selon les « fonctions » qui leur ont été attribuées (voir précédent article The Testaments).
Dans cette société américaine puritaine et peu soucieuse des droits de la femme, June, rebaptisée DeFred, a été choisie pour devenir une Servante. Une femme désignée pour porter l’enfant des Commandants, les hauts dignitaires de Gilead. Rappelons que dans cet univers, le taux de natalité est très bas et les femmes fécondes sont peu nombreuses aux États-Unis. Vêtues de rouge, les Servantes vivent chez les Commandants et subissent des brimades constantes. Ce qui ajoute à leur quotidien difficile. June ne se résigne pas à son sort et devient de fil en aiguille l’un des éléments moteurs de la rébellion des femmes à Gilead.
The Testaments : la fille de June au centre de l’intrigue
The Testaments se déroule quatre ans après la fin de The Handmaid’s Tale. Si June n’a jamais renoncé à libérer sa fille, elle n’a toutefois pas réussi à la délivrer du joug de la société qu’elle a fuie. The Testaments suit le parcours d’Hannah. Rebaptisée Agnes (Chase Infiniti), elle est dorénavant une Prune, une jeune fille qui n’a pas encore eu ses règles. Elle a été adoptée par un Commandant. Le spectateur découvre donc sa vie quotidienne au sein de sa communauté. Et la première chose qui saute aux yeux est que l’endoctrinement subi par ces jeunes filles qui n’ont pas connu la société précédente est omniprésent. Elles ont notamment des poupées à l’effigie des femmes de Gilead : robes vertes pour les femmes de Commandants, robes grises pour les Marthas (les femmes qui assurent les tâches ménagères), robes violettes pour les Prunes, robes roses pour les petites filles…
On retrouve Tante Lydia (Ann Dowd), un personnage bien connu de la série originale bien connu pour sa sévérité et sa dévotion à Gilead. Elle présente Daisy (Lucy Halliday), une Perle, à Agnes et lui demande de prendre soin d’elle. Les Perles portent des robes blanches et sont originaires d’un monde extérieur à Gilead. Daisy vient du Canada. Dans un flashback, on aperçoit quelques scènes de sa vie d’avant. Ce personnage qui a connu la liberté découvre les lois inhumaines pratiquées dans son nouveau foyer. June est présente dans une des scènes. Daisy est-elle une envoyée de Mayday, le système de résistance crée par l’ancienne Servante, pour retrouver sa fille ? La fin du premier épisode le laisse penser. En effet, munie d’un appareil numérique, Daisy écoute la radio de Mayday, alors qu’elle est allongée sur son lit. Puis, Agnes, qui s’exprime en voix-off, confie qu’elle va bientôt rencontrer sa véritable mère.
Agnes prête pour le mariage
Agnes devient une « femme » à la fin du premier épisode. Elle a ses règles, ce qui dans le monde de Gilead signifie qu’elle est prête pour le mariage. Après hésitation, elle se confie à belle-mère avec qui elle entretient des rapports tendus. Ce moment intime de la vie d’une jeune fille se transforme en cérémonial impliquant toute la communauté de Prunes et de Tantes, dans cet univers particulier. Agnes fait sonner une cloche et reçoit sa broche devant toute l’école. L’innocence, la candeur et la méconnaissance de la vie des adolescentes est touchante dans la série. Elles sont conscientes que leur vie peut changer, mais elles n’ont pas conscience du degré de ce changement.
Le vernis craquelle pour les adolescentes. Après avoir été réveillée en pleine nuit et avoir subi une initiation mystérieuse, Agnes accueille les confidences de sa meilleure amie : elle lui avoue qu’elle ne désire pas se marier. Ce qui est considéré comme un péché à Gilead. La fille de June commence en outre à s’intéresser de près à un « Oeil« , un homme qui assure la sécurité de sa maison. Elle est ensuite reçue par son père dans une pièce remplie de Commandant après avoir revêtu sa robe verte. Jaugée par de nombreuses paires d’yeux (comme du bétail), elle reçoit la bénédiction de son père adoptif. Une scène au cours de laquelle le personnage a éprouvé un certain malaise avant d’avancer dans la pièce. Fin de l’épisode 2.
L’histoire tragique de Daisy
L’épisode 3 de The Testaments se concentre sur la vie de Daisy avant d’arriver à Gilead. Cette Canadienne originaire de Toronto a connu la liberté. Elle porte donc un œil totalement neuf sur la société américaine. Dans la première partie de l’épisode, on la suit donc dans les rues de sa ville. Entourée de parents aimants et compréhensifs, elle oscille entre son petit ami et le skate-board, une activité qu’elle apprécie tout particulièrement. Elle confie également qu’elle avait eu vent de l’avènement de Gilead, notamment grâce à un professeur qui avait mis le doigt sur des signes avant-coureurs de l’arrivée au pouvoir du groupuscule totalitaire. Elle cite pour exemple le fait que des politiques notoires ont été élus après avoir prononcé des discours stigmatisant les femmes et les homosexuels.
« D’un seul coup, les femmes n’ont plus eu le droit de travailler, d’avoir un portable ou de lire », explique-t-elle en voix-off, avant de rappeler que les homosexuels ont été mis au ban de la société. Le drame survient : ses parents sont assassinés dans leur magasin. Après avoir reconnu leurs dépouilles à la morgue, elle est abordée par June Osborn qui l’aide à sortir de l’hôpital. Elle explique à la jeune fille que ses parents ont été assassinés par Gilead et lui propose de la suivre. Ce que Daisy fait. Le cordon se resserre. En parallèle, Daisy sauve la vie d’Agnes après que leur bus est tombé dans un piège. On apprend ensuite sans surprise que Daisy fait partie de Mayday, tout comme l’Œil qui veille sur Agnes. Fin de l’épisode 3.
Critique des trois premiers épisodes de The Testaments : un retour brutal et perturbant à Gilead
La répression pour chaque acte considéré comme un péché est très sévère à Gilead. Dans le premier épisode, Agnes avoue qu’elle a été punie pour avoir souri à un garçon. Un homme se fait trancher la main devant une foule déchaînée de Prunes (des adolescentes, on le rappelle) après avoir été surpris à épier les jeunes filles et à s’adonner à une activité sexuelle en solitaire. Bien que le monde de Gilead soit un univers malsain et choquant, nous ne sommes jamais au bout de nos surprises. Les femmes, bien qu’elles soient opprimées, sont souvent cruelles les unes envers les autres. Ainsi qu’avec ceux qu’elles considèrent comme des pécheurs ou des fauteurs de troubles. La belle-mère d’Agnes, par exemple, est froide et mène la vie dure à sa belle-fille adoptive. Les Prunes se transforment en harpies et participent avec zèle aux punitions infligées à leurs pairs ou « aux pécheurs ». Et leur jeune âge n’enlève rien à leur hargne dans ces moments.
Le troisième épisode de cette nouvelle série nous dévoile les raisons qui poussent Daisy à entrer dans la résistance : le meurtre de ses parents adoptifs. La scène finale, au cours de laquelle June rend hommage aux parents de Daisy et à l’amour qu’ils portaient à celle qu’ils avaient adoptée et arrachée à Gilead, est très touchante. La présence de June Osborn dès les épisodes d’introduction est d’ailleurs un point fort de The Testaments. On comprend aisément que Daisy a été envoyée auprès d’Agnes volontairement. Rappelons que Tante Lydia a collaboré avec Mayday (et avec June) à la fin de la série originale. Nous découvrirons dans les prochains épisodes le destin réservé à la fille de June.
Une mise en image toujours aussi forte d’une société injuste
Le spin-off offre de nombreux questionnements quant au rôle de chacun dans une société injuste, notamment dans l’endoctrinement révoltant orchestré envers une population innocente et dans la lutte inévitable contre l’oppression. Ces subtilités distillées et soumises à la réflexion des lecteurs de Margaret Atwood, auteure des romans qui ont inspiré les séries, sont ainsi mises en images avec force dans The Handmaid’s Tale, tout comme dans The Testaments. On soulignera d’ailleurs les performances impressionnantes des jeunes actrices, spécialement celle de celle qui joue Daisy. Rendez-vous le 15 avril sur Hulu et Disney + pour découvrir l’épisode 4 de The Testaments !
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- Agnes et Daisy dans The Testaments: Disney +






